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Alsace, souhait de baptême «Goettelbrief» de Oberhausbergen, 1847.

Voici la plus belle pièce rapportée des mes dimanches de chine en Alsace. Cet été à Rothau, grande brocante annuelle qui attire des centaines d’exposants et des milliers de visiteurs. Arrivé sur le coup de huit heures, je fait un premier tour rapide de l’ensemble des stands. Rien de palpitant à signaler. La journée est magnifique. Second tour, il est neuf heures passées, quand j’aperçois un brocanteur qui commence seulement à déballer. Immédiatement un petit attroupement se forme au cul du camion. Je me précipite, sans but précis, sur un carton de sous-verres poussiéreux que je vide fébrilement, et tout à coup, incroyable, il est là, sous mes yeux, ce que je recherche sans trop y croire depuis des années : un «Goettelbrief». Je prends le cadre avec deux doigts et je demande au broc, d’un air pincé, combien il en veut. Réponse au-delà de mes espérances : deux euros ! Je ne marchande pas… je paie et je m’enfuis comme un gamin heureux de son nouveau jouet !

«En Alsace, l’usage de conserver une image en souvenir d’un moment important de la vie, était particulièrement développé. Les plus anciens de ces documents sont les lettres de baptême,
«Goettelbrief», offerts par la marraine ou le parrain à l’enfant qui vient d’entrer dans la vie. Majoritairement issus des milieux protestants, ces textes souhaitent à l’enfant une vie très chrétienne et font souvent allusion au rachat des péchés par l’eau du baptême. L’austérité du texte est souvent compensée par la gaieté des couleurs et des motifs décorant le document, témoignages de l’art populaire. Certains de ces souhaits sont l’œuvre d’artisans spécialisés, capables d’une grande maîtrise technique et artistique. C’est le cas de ce document, réalisé avec la technique du canivet qui consiste en un découpage au canif des multiples motifs traditionnels agencés avec habilité, puis rehaussés de couleurs.» Notice du Musée Alsacien de Strasbourg.