Lammele

Dans les vitrines du Pâtissier Riss, pendant la période de Pâques.
Aujourd’hui, on ne respecte plus grand chose des traditions,
c’est bien connu. Les Osterlammele on fait leur apparition
depuis quelques jours, bien avant la fin du Carême.


Je passais souvent les vacances pascales chez ma grand-mère, à Wasselonne, et je me souviendrais toute ma vie ces dimanches de Pâques, où à l’appel joyeux des cloches, nous nous empressions sous le soleil avec ma grande-sœur vers l’église toute proche.

J’étais impatient que la messe soit dite pour rentrer à la maison et me mettre à la recherche des œufs et des lapins en chocolat cachés dans le jardin par Tata Jeanne, au milieu d’un nid en paille de bois où trônait l’Osterlammele, l’agneau pascal en biscuit recouvert de sucre glace immaculé.

Avec ce précieux trésor je remontais quatre à quatre les marches de la maison où m'attendait un petit déjeuner fumant. Le cérémonial était le même à chaque fois. Pour manger mon Lammele, je me saisissais d’un couteau tranchant et, après une brève hésitation compassionnelle j’en découpais avec beaucoup de délicatesse une épaisse tranche, en commençant toujours par l’arrière, répandant une bonne odeur de biscuit frais, et au passage du sucre glace autour de moi. Je répétais ce geste jusqu’à ce qu’à la fin de mon déjeuner, il ne reste plus du pauvre agneau que la tête. Alors, un peu triste et résigné, car je savais que l’événement ne se reproduirait plus avant un an, je mettais fin à ce singulier colloque et je me décidais à lui plonger la tête dans le fond de chocolat chaud à l’aide de ma petite cuillère puis l’avalais sans regret. Enfant cruel…

Pour tout connaitre de cette belle et ancienne tradition alsacienne, allez faire un tour sur le site de l’Osterlammele !