L’image du jour sur Wikipédia…
Je découvre ce matin qu’une photo de Serge Gainsbourg dont je suis l’auteur est mise en avant pour la journée sur la page d’accueil de Wikipédia francophone.

Serge Gainsbourg, 24 novembre 1981
© Claude Truong-Ngoc
Je vais vous raconter brièvement son histoire. Cette photo a été prise le 24 novembre 1981 chez Serge Gainbourg, dans son appartement de la rue de Verneuil. Je viens de débarquer à Paris deux mois auparavant de manière assez inattendue puisque je viens de trouver du travail comme maquettiste à Tribune Juive. A l’époque, je galère pas mal pour trouver un logement à Paris et c’est Jean Le Bitoux, fondateur du journal Le Gai Pied que je connais depuis deux ans qui m’héberge provisoirement.
Jean m’annonce donc un jour que j’accompagne le journaliste Kévin Kratz chez Serge Gainsbourg pour faire des photos à l’occasion d’un entretien pour le magazine.
Nous arrivons au 57 rue de Verneuil par une après-midi d’automne particulièrement maussade, sombre et pluvieuse. C’est Gainsbourg qui nous ouvre la porte. Nous le sentons un peu énervé. En fait, il nous le dira plus tard, il est au téléphone avec Bambou, sa nouvelle amie. Rapidement, il nous installe dans l’immense salon de sa maison et reprend sa conversation téléphonique.
La pièce, toute tendue de noir et qu'illumine une grande verrière, donne sur un petit jardin. Une interminable attente commence. Kévin et moi, bien évidement, sommes paralysés, impressionnés tout d’un coup de nous retrouver en présence de cet immense artiste. Il consulte nerveusement ses notes, pendant que moi, je repère un peu les lieux pour savoir comment je vais pouvoir faire mes photos. Pas question d’utiliser un flash, mais dans cette pénombre, avec l’arrière plan de la verrière, avec la pellicule de l’époque, c’est compliqué, Gainsbourg allant prendre place en plein contrejour… Seul éclairage de la pièce, des petits spots très directionnels placés ça et là.
Un peu inconscient, je me décide à les orienter vers le fauteuil où il va s’asseoir, histoire d'avoir un peu de lumière… Visiblement Gainsbourg est à cran dans sa discussion téléphonique, et notre attente s’éternise. Le stress monte pendant ces longues minutes. Je prends une photo de Gainsbourg au téléphone, sans insister.

Serge Gainsbourg au téléphone
© Claude Truong-Ngoc
Et enfin, après plus d’une heure, il finit par nous rejoindre. Il a l’air carrément furax. Et je me prends son énervement en pleine figure : «Tu te crois où ? Laisse mes spots comme ils sont », et joignant le geste à la parole, il remet tout en place. Je lui explique en baffouillant les raisons de mon action : contrejour, pas possible d’employer un flash direct, impossible de flasher au plafond qui est noir, etc… Il baragouine encore un peu, comprend la situation puis tout à coup se détend. Il me laisse alors refaire mes réglages de lumière, plaisante avec Kévin sur notre journal, l’entretien débute enfin et je commence à photographier. Au final, nous avons passé plus de trois heures avec lui, et lorsque nous le quittons, il fait déjà nuit noire sur Paris.

Kévin Kratz et Serge Gainsbourg
© Claude Truong-Ngoc
Je n’ai utilisé qu’une pellicule de trente six poses. Je n’employais pas de moteur, et de toutes manières, je n’avais pas les moyens de gaspiller de la pellicule. Au final, suite à un retournement du journaliste Kévin Kratz, qui le diffusa sans autorisation sur Radio Fréquence Gaie, l’entretien ne sera jamais publié et personne ne verra ces photos pendant plus de trente ans, jusqu’à ce que je décide d’en mettre une à la disposition du projet Wikimédia Commons sous licence libre.
In memoriam Jean Le Bitoux, 1948-2010
Visite officielle

Roland Ries, sénateur-maire de Strasbourg
et Nawel Rafik-Elmrini, adjointe au maire,
attendent Thierry Repentin Ministre délégué
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Piano en gare… à vous de jouer !

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Ce train relie dix neuf villes entre Moscou et Paris, dont les capitales Minsk, Varsovie, Berlin et désormais Strasbourg, siège du Parlement européen, en près de trente huit heures, trois fois par semaine en hiver, et cinq fois par semaine en été.
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Morgestraich à Bâle
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