BarrageVaubanDepuis avant-hier, un des joyaux du quartier de la Petite France est fermé au public pour cause de travaux. Datant de la fin du XVIIe siècle, le barrage Vauban souffre de multiples insuffisances : «Il y a des infiltrations d'eau auxquelles nous devons remédier. Il faut également remettre aux normes des installations électriques et rendre les sanitaires accessibles aux personnes handicapées», souligne un des responsables du suivi du chantier supervisé par le service de la construction culturelle et historique de la Communauté Urbaine de Strasbourg.

Le coût de cette restructuration comprenant deux phases est estimé à 4,1 millions d’euros, sans compter la réfection des sanitaires. Le ”Bastion Maximilien”, situé face au Musée d’art moderne et contemporain, est lui aussi intégré aux travaux, sa tourelle menaçant de s’effondrer dans l’Ill en raison d'une importante fissure. Le site est ainsi interdit au public depuis quelque temps déjà. Quant au barrage Vauban et à sa plateforme panoramique, ils ne rouvriront que temporairement dès août. La fermeture durant une grande partie de la saison estivale de ce lieu très touristique n’a pas été décidée de gaieté de cœur mais la sécurité prime avant tout. La totalité des travaux devrait s’achever en Août 2010.

Construit entre 1682 et 1690, le barrage Vauban est l’œuvre de l’ingénieur militaire Jacques de Tarade, ingénieur du Roi et directeur des places fortes d’Alsace de 1683 à 1712, la réalisation des plans revenant à Sébastien le Prestre, marquis de Vauban.

Face aux progrès de l’artillerie et des techniques de combat, les Ponts Couverts ne permettent plus de défendre correctement le Sud de la ville. La municipalité décide de faire édifier, à quelques mètres en amont, une nouvelle construction capable de faire face aux nouvelles contraintes de la guerre "moderne".
Plus qu’un simple pont, le barrage Vauban doit permettre, par obstruction de ses arches, de faire monter le niveau de la rivière l’Ill et d’inonder tous les terrains situés au Sud de la cité. Constituées principalement de champs et de vergers, ces zones, une fois noyées, deviennent de véritables marécages dans lesquels sont censées s’embourber les troupes ennemies.

La technique marche plutôt bien, puisque chaque hiver, la fonte des neiges entraînant immanquablement une levée des eaux, des milliers d’hectares de terres agricoles se retrouvent systématiquement noyés. Les maraîchers et les propriétaires agraires, furieux, sont obligés de se battre pendant plusieurs années afin de forcer l’administration à augmenter la hauteur des arches. Après un interminable bras de fer, les autorités civiles et militaires se résignent à rehausser trois d’entre elles.